Burnout, que m’apprends-tu ?

Burnout, que m’apprends-tu ?

Le burn-out, c’est un signal. La maladie, c’est le stop final. À toi donc d’accueillir cette phase avec tout le respect qu’elle mérite. De la gratitude. De l’acceptation. Une pause au milieu de ce monde océan de stimulations. Une juste remise en question. Du temps pour soi. Tu as les clés en main pour prendre une grande respiration, faire le point dans ta vie et repartir. Plus léger, plus aguerri. Avec plus de conscience. C’est à toi de jouer. Retour sur expérience.


Contexte de crise

Situations récurrentes dans les vies des gens, situations qui se font écho dans le monde d’aujourd’hui, après une année 2020 bien compliquée, en ce début d’année 2021 qui vient nous narguer avec son unième confinement, avec un horizon changé mais dont on ne sait quand il prendra fin ou plutôt, débutera… Nous sommes dans une transition sans précédents et on a besoin, envie, de se serrer les coudes, de partager nos outils et nos prises de conscience. Cela fait sens plus que jamais.


Un jour…

Peut-être avez-vous eu 36.000 projets sur le feu, des milliers d’idées créatives en pagaille que vous vouliez toutes réaliser, des projets avortés ou vous laissant frustrés, des projets où une sur-implication est absolument nécessaire, d’autres ne tenant que grâce à votre volonté et énergie… ? Peut-être vous sentez-vous à l’étroit, étriqué dans votre vie ? Peut-être aussi sentez-vous un trop plein d’émotions, un trop plein de pensées sur tout ce qui se passe dans nos vies, dans le tourbillon induit par la création d’une famille, l’implication dans son travail, dans une relation amoureuse, le tout dans une monde gouverné par des médias à sensations, une société qui patauge dans ses institutions, ne se pose plus de véritables questionnements, où la difficulté de penser alternatif, durable, écologique à grande échelle nous titille. Impuissance, désespoir, cela peut nous fatiguer, rien que d’y assister. L’énergie qu’il faut déployer à notre niveau si on veut voir réussir les choses est considérable, nos métiers nous demandent plus que jamais, jusqu’à ne plus faire sens… Et l’ultime arrive sûrement quand on se retrouve en toute innocence ou naïveté dans des situations toxiques, où notre énergie est sabotée en permanence par la non-bienveillance. Dans ce monde, on a appris à se battre mais on a perdu la bataille. On est “cuit”, “brûlé”. Burned-out. Ce n’est pas en se battant qu’on gagnera, qu’on gagnera son équilibre, on devra apprendre à faire différemment pour avancer.


Burning… out

Cela commence souvent par des frustrations ou un sentiment de détresse intense où l’on n’arrive pas à donner ce que l’on voudrait, où on n’arrive plus à se sentir cohérent par rapport à ce qui se passe. On commence par sentir un certain détachement ou encore une crispation dans des situations répétées. On se sent dépassé de plus en plus souvent. Peut-être même inutile. L’envie de baisser les bras arrive mais on résiste, on se bat coût que coûte. On désespère mais on s’accroche. On est découragé de plus en plus souvent. Une sorte de chape peut être sur nos épaules. Un poids énorme, on se sent comme rivé les pieds au sol. S’enlisant de plus en plus peu à peu. Il devient difficile de bouger, se se sortir de “là”. Tout devient de plus en plus confus : beaucoup de bruit. Du BRUIT.

On finit par ne plus savoir par où commencer, par quoi faire. On peut se réfugier dans une fatigue chronique immense, reflet de ce découragement imbibé dans chacune de nos cellules. On peut avoir besoin de dormir tout le temps, espérant que ce sera réglé quand on se réveillera. Tout semble inatteignable. Vient le moment où tout flotte sous les yeux sur mon écran d’ordinateur. Rien ne fait plus sens. Incompréhensible. L’on peut pleurer à chaque instant. Ou pas. Les émotions sont à fleur de peau. Tout peut partir de rien. Tout est trop. Trop de stimuli, trop de tout. Mais pourquoi cela m’arrive à moi ? Impuissance.

Burn-out, moment de grâce

Le corps a émis des signaux de détresse – certainement avant aujourd’hui. L’avons-nous écouté ? Non. Donc il a rameuté tous ses copains et vient de pousser un gros coup de gueule. Il a pas court-circuité les organes mais il vous émet un signal très clair. Vous allez l’écouter, vous allez vous écouter. Car il mérite le respect, et vous aussi.Notre corps, c’est notre gardien, c’est notre fort, c’est notre allié. S’il essaie de communiquer avec nous en ce moment, c’est qu’il a raison et qu’on doit apprendre à l’écouter maintenant mais aussi pour le futur, et bien au préalable pour ne pas rechuter. On le remercie. On lui envoie de l’amour, on lui parle en lui disant : merci, tu es parfait. Prenons une pause et remplissons-nous de gratitude, remercions la vie et notre corps de si bien fonctionner, de s’octroyer le droit de poser ses limites, de nous demander poliment, sans forcer, de changer, de faire le ménage chez nous. Remercions-le qu’il soit à notre écoute et n’ait pas décidé que c’est fini pour lui, qu’il baisse aussi les bras, provoquant une maladie ou autre. Remercions. Méditation…


C’est quand même le moment de se poser les bonnes questions. Même si a posteriori on a tous été long à la détente, moi la première !!! Mais je me dis aujourd’hui que peut-être, dans ces cheminements lents et intenses, j’ai amassé de quoi vous aidez, ne serait-ce qu’un tout petit peu ? J’en suis immensément pleine de gratitude aujourd’hui.


Ce moment de burn-out, il fait parti du voyage, il fait parti des montagnes qu’on gravit. Ce n’est pas grave. C’est rattrapable. C’est humain. On ne prendra pas de médicaments, on gardera toute sa conscience et attention pour apprendre de soi. Ces périodes sont pleines de richesse. Mais aussi confrontantes car nous sommes mis en face de notre mortalité et de l’obligation de changer et de vivre en adéquation avec son corps/coeur pour aller vers son équilibre de vie. Le burn-out c’est un des moments de vérité de la vie. Le moment d’aller chercher ce qui fait encore plus sens pour nous, où réside nos équilibres, une réinitialisation de choses qu’on faisait qui nous prennent trop d’énergie ou d’autres qu’on ne fait pas assez qui nous font gagner de l’énergie. À nous de jouer pour voir ce que notre corps peut nous enseigner. C’est parti !


C’est toi et moi et personne d’autre

Encore une fois : c’est ma responsabilité. C’est ta responsabilité. Pas celle de quelqu’un d’autre qui a causé cette situation de burn-out. On a laissé une situation, sa vie, aller dans ce sens, on s’est laissé déborder, on a pas mis ou bien mis ses limites, on ne s’est pas écouté à temps. Facile à dire, mais en fait oui, soyons honnête mais aussi bienveillant : nous n’avions pas la conscience, les outils, la compréhension pour identifier, comprendre la situation. On s’est laissé dépasser.

Pas encore assez de compétences de gestion de soi-même, de sa vie, aussi sûrement de volonté, pour appliquer notre motto quotidien :  où en suis-je de mon énergie aujourd’hui ? de quels ingrédients a besoin ma journée pour m’épanouir ? pour prendre soin de soi ? Je me choisis moi, avant tous les autres. Car si JE ne fonctionne plus, le reste ne pourra pas non plus fonctionner bien. On vous apprend dans l’avion que vous mettrez votre gilet de sauvetage en premier, avant votre enfant, car sinon vous ne pourrez pas l’aider, dans la vie c’est la même chose.

Soyons heureux de recevoir ce burn-out, de remercier le corps de s’arrêter, juste pour nous permettre de respirer, ralentir, se poser les bonnes questions et de redémarrer. La question dont on doit chercher la réponse est sûrement celle-ci : Qu’est-ce que je fais pour moi ? De quoi ai-je besoin pour être en équilibre ? Qu’est-ce qui me régénère ?Nous passerons sûrement toute notre vie à y répondre, car la connaissance de soi-même est un long chemin, surtout pour des êtres comme nous, humains, qui évoluons, changeons sans cesse. Mais il va falloir commencer à marcher dans cette direction. Pas par pas. Lentement. Pas courir. Pour ne pas retomber plus bas. Non. Marcher lentement mais sûrement.

Prise de distance

On a poussé le bouton pause. Chacun commencera à analyser sa vie, con cercle vicieux, ses mécanismes, à qui, à quoi a-t-on tout donné ? Pourquoi s’est-on oublié sur la route ? Qu’est-ce qu’on a perdu en chemin ? Chaque situation sera bien sûr différente. Je vais partager mon expérience personnelle pour discuter un point de vue : prendre de la distance – comment gagner une vue hélicoptère de sa vie ?


J’étais entrain de terminer mes études d’architecture qui comme vous le savez sont des études avec des nuits blanches à “charetter” pour finir des projets, seul modus operandi que les étudiants connaissent. Programmée pour penser comme cela, je n’ai jamais fonctionné autrement, victime de procastination aggravée… J’ai rencontré mon futur mari et sa réaction a été : “Tu vas changer ça direct : tu te couches tard, okay, mais avant minuit, tu prends un rythme de vie correct car sinon tu ne vas jamais y arriver.” Ce qui était intéressant ici : lui travaillait, c’était niet de pas dormir pour un travail quelconque, WTF?! En face de cette réaction, j’ai rectifié cette habitude et regagné un rythme normal. Comment on change grâce à une prise de recul.


Quand je parlais de mon boulot en start-up à des connaissances ces dernières années, je surprenais souvent des regards hagards, fixes, taiseux et une certaine gêne en face du récit des aventures alambiquées de manque d’argent, leadership discutable et maints changements. Le message pourtant évident que je ne compris que longtemps après : Comment peut-on tolérer cela ? Comment peut-on en arriver là ? Comment peut-on encore travailler dans ces conditions ? Comment est-il possible de RESTER dans ça ? Encore une fois, je ne prenais AVANT aucune distance.


Quand nous sommes dans nos challenges personnels, dans notre vie, dans nos projets, dans nos idées, dans nos émotions, nous n’avons aucun recul. Nous sommes dedans. Nous faisons corps. Nous n’arrivons pas forcément à comparer ou si nous le faisons, le fait est que ce qui fonctionne autrement nous semble souvent hors de portée. C’est extrêmement difficile de sortir de son mental, de sa manière de voir les choses, d’aller écouter d’autres, d’avoir/de prendre le temps de discuter de sa vie, de ses choix, de recevoir des conseils, c’est dur. On ne sait pas vraiment faire. Et on ne sait pas forcément par où, par qui commencer. Si vous deviez dessiner votre monde, comment le dessineriez-vous ? Essayez ! Puis dessiner votre monde idéal. Ce sera un point de départ pour plus tard. Rappelez-vous qu’on a tous profondément besoin des autres pour gagner en perspective et avoir une vue hélicoptère de notre vie pour avancer avec plus de conscience sur notre chemin.


A chacun ses raisons, à chacun ses idées, à chacun ses idéaux

Suite à ce regard sur mes dernières années, un de mes amis chers m’a envoyé cela, analysant avec de superbes lunettes comment l’on arrive à accepter soi-même certaines situations :

“Par quoi sommes-nous motivés ? Par nos idéaux ! Et pour eux, nous sommes prêts à beaucoup. Tu as investi une énergie disproportionnée dans des projets avec une gratification incertaine, et en plus de cela, pas pour toi mais pour d’autres, totalement au service des autres. Ton idéalisme a fait que tu as engagé des batailles pour d’autres, au lieu de prendre soin de tes intérêts. Ton idéalisme a fait que tu as engagé des batailles beaucoup trop grandes pour toi, des batailles qui demande un autre niveau de ressources, et donc des batailles que tu n’aurais jamais pu gagner. Ce qui nous rend beau, ce sont nos idéaux, mais ils peuvent aussi se retourner contre nous. Ils font que l’on donne tout et même là où on ne peut pas gagner, ni économiquement, ni au niveau de l’impact espéré. Nos idéaux sont aussi notre talon d’Achille.

Il ne faut pas les abandonner, mais intégrer plus de réalisme aux batailles que l’on choisit. Comme pour le travail : c’est en premier lieu une transaction économique qui doit nous donner une gratification en équilibre avec notre dépense d’énergie, pour la simple et bonne raison que sinon la seule victime du déséquilibre, c’est nous. (Nous seuls sommes responsables de notre énergie, pas l’entreprise.) Pour autant que rien ne soit contraire à nos valeurs. Ce réalisme va nous aider à désormais choisir des batailles plus petites, envisageables avec les ressources disponibles. Plus de réalisme entraîne plus de succès. Plus de succès entraîne plus d’énergie.”

Et il finira par : “Il y a des milliards de personnes sur la planète, si je fais ma part, si tu fais ta part, juste ta part, tu as déjà fait assez et beaucoup.” Est-ce notre ego, nos idéaux, notre éducation qui nous fait si durement accepter que l’on ne peut QUE faire de notre mieux ?

Replongeons-nous illico dans les 4 accords toltèques. Remercions-nous d’avoir essayer de faire un maximum, de faire parfaitement, de faire tout ce qu’on pouvez. Remercie-toi. C’est le moment de re-calibrer nos actions, notre énergie pour en re-faire le plein, un grand réservoir et s’avoir l’utiliser tout en le renouvelant infiniment.


Je vous invite à lire Comment sortir du burn-out, quelques pistes, cet article commençant à être un peu long 😉  Merci d’avance pour vos feedbacks et vos expériences !

Noémie



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