Les enfants dans tes appels professionnels, la nouvelle norme

Les enfants dans tes appels professionnels, la nouvelle norme

C’est quoi là-bas derrière qui bouge et apparaît puis disparaît ? Et cette petite fille qui vient pour se faire aider à enfiler un mini bikini d’enfant ? Qui vient en pleurant car Papa ne veut pas lui permettre de regarder la télé ? Qui vient demander “Tu veux jouer avec moi ?”

Oui vous êtes sûrement nombreux à reconnaître cette situation. Du jamais vu dans une vie normale ! Si on vous le proposait, vous n’accepteriez jamais au grand jamais de travailler 8 heures par jour tout en occupant, et s’occupant de son enfant ?! Travailler avec un enfant ?! Il y a un an, on en aurait ri. Aujourd’hui, c’est la nouvelle norme. Euh mais attends. Oui. Déjà qu’en temps normal, on avait l’habitude de courir, se réveiller en forme le matin, faire un bon petit déjeuner, déposer son enfant à l’école, aller au travail, travailler, aller chercher son enfant (on essaie pas trop tard pour avoir du temps de qualité quand même !), en France c’est 19h (!!!!), en Belgique 16h30-17h, en Suède, 14-15h !!! Soit on avait le temps pour un jeu ou l’enfant voulait jouer seul et on rangeait la maison, lançait une machine à laver ou autre tâche ménagère, on prévoyait le repas du soir ou on ressortait ensemble faire des courses si on avait plus rien au frigo. On mangeait, on jouait un peu encore, on se lavait, on lisait des histoires et on dormait. Enfin ils dormaient. Les enfants. Le temps des parents arrivait : faire la vaisselle, ranger la cuisine, un peu la maison, retravailler si besoin ou se détendre ? 30min ou 3h si on se couchait un peu plus tard.

En temps normal. Enfin d’avant. L’avant corona. L’avant mars 2020. Déjà difficile de passer du temps avec ses enfants. Déjà difficile d’avoir du temps pour soi. Déjà difficile d’avoir du temps. Paradoxe…?!
Le paradoxe d’avoir un travail, des enfants, une maison et je n’oublie pas le mari. De tout vouloir, de vouloir de la qualité dans tout. Et de n’avoir le temps de rien ou des fragments de chacun.


On en était là de ce débat. On en était là de nos réflexions, comment (re)trouver un rythme de qualité dans nos rôles multiples de femme ? Comment retrouver l’efficacité, l’impression de gérer et de ne plutôt pas se laisser mener par le bout du nez.


Sur ce, on a le Covid-19 qui nous tombe dessus. Sans prévenir. Même si on regardait les actualités, cela se passait à l’autre bout du monde. Bonne leçon, na ! Du jour au lendemain, ah non il y avait quand même 2-3 jours entre la décision et l’application (3 jours pour contaminer le plus de gens possible ?! ahah), on reste à la maison. Donc ça nous tombe dessus et là, plusieurs cas de figure bien sûr ! Soit on continue de travailler (pour ceux qui peuvent). Y’en a qui s’arrêtent par obligation mais quand même un peu payés par le gouvernement. Et puis y’a les freelancers dont les contrats s’arrêtent et advienne que pourra, personne ne sait comment ça va évoluer. Une société à plusieurs vitesses. On observe. Les écarts, les différences, chacun fait comme il peut. Mais pour sûr les inégalités se creusent. Confrontant, non ? Chacun dans sa bulle. Mais la première réalité est bien là : pas très loin, des gens sont malades, pas très loin, des gens n’ont plus rien, pas très loin, des enfants sont murés. Et des parents débordés, dépassés, seuls aussi.


Mais bon voilà, comme on a pas le choix, on trouve des solutions et je vous livre les miennes, histoire que ça puisse servir.


Mars 2020.  On est à la maison, avec notre travail, nos mômes et 15h par jour. On se regarde, et on se dit : Comment on va gérer cela ? 3 chapitres et je les approfondirais dans des prochains articles.

L’école à la maison, qu’est-ce qu’on doit faire ?

L’enfant et le partage au travers du jeu

“Tu peux jouer avec moi ?” répété 20 à 30 fois par jour. Cela vous dit quelque chose ? On a une petite de 5 ans mais l’on extrapolera à une toutes les tranches d’âge car c’est une généralité prouvée. Un enfant, ça aime apprendre et ça aime jouer. En faisant des jeux avec eux, ça renforce le lien, on discute, on apprend à parler, on leur apprend des nouveaux mots, des nouvelles expressions, on leur pose des questions. Ils se développent et nous on joue. Facile ? Oui. Jouons.

Prenons le temps de faire des jeux dehors : marelle, craies, bac à sable, jouer dans la terre, à cache-cache, à 1, 2, 3 soleils, ramasser des écorces, des feuilles, des fleurs, et plus sophistiqués en s’aidant de Pinterest comme d’une source d’idées créatives. Observer la nature, dessiner ensemble, suivre l’enfant, c’est assez. Dessinons des étoiles, une casserole, que sais-je. Notre enfant a premièrement besoin de nous. Etre son partenaire de jeu et de découverte.

L’enfant et les apprentissages de base

Et profitons-en pour focaliser sur quelques notions qu’ils doivent apprendre dans l’année. Au lieu de faire des exercices méthodiques dans un cahier (je dis pas qu’il ne faut pas les faire mais voir au-delà ça vous aidera à reprendre en mai la situation qui vous dépasse car vous n’êtes pas prof), discutez avec la maîtresse des compétences que l’enfant doit avoir à la fin de l’année. Savoir compter jusqu’à combien, lire les dés, équilibre, maîtrise du corps, se souvenir, etc. On enregistre mieux cela comme parent que la suite d’exercices pour y arriver.

Et maintenant combinons cela par le jeu : tiens il est quelle l’heure ? Dans combien de temps allons-nous déjeuner ? Les couleurs quand elles se mélangent… Et chaque jeu peut être le support d’explorer la notion. Un jeu de dé = lire les dés, observer un escargot, concept de rapide et lent, sans pattes, etc. Apprendre par le jeu, c’est beaucoup plus amusant. Pour les enfants. Mais aussi pour les parents !

L’enfant et la nature

J’ai observé que dans la maison on est vite réduit aux objets et au statique, on peut faire de super parcours mais on a souvent recours aux mêmes choses, aux mêmes idées, on a plus de mal à être créatif. Par contre avec la nature qui nous entoure j’ai observé que l’on peut être créatif à égal avec son enfant : quel animal on observe ? comment il s’appelle ? comment et où il vit ? comment il peut voler ? Construire une fusée, jouer à la terre et sculpter, un tronc, un parcours, imaginer des dessins avec les nuages, où se trouve le soleil dans la journée, dessiner des fleurs, des herbes. Aussi bien en ville qu’à la campagne, la nature nous aide à faire tomber la pression de l’”animation” qu’on doit donner à nos enfants.

La structure du télétravail

Combiner travail et enfants ?

A d’autres mais pas à moi. Impossible à gérer en concentration et en production pour ma part. Mon mari pareil. Donc on a fait comme les couches la nuit quand note petite avait quelques semaines. Un rythme fixe. A deux, comment on s’organise ? Moi je m’occupe de l’école du matin, jusqu’au repas du midi. Puis mon mari prend la relève. Et l’on travaille encore le soir. Chaque jour. Le moins de mélange travail/maison. Ça aide ! Ça aide à la concentration, ça aide à rester connecter à son boulot et être productif, “on top of it”. Ça aide aussi avec l’enfant car on a une vraie disponibilité et un programme. Genre moi je veux faire minimum une activité spéciale et un jeu par demie-journée. Le reste vient naturellement autour : soit sortir dehors pour une activité en plein-air, soit dessiner, soit discuter, soit d’autres petites choses.

Adapter sa productivité ? 

Oui fini les 8h par jour en un seul lieu, avec des collègues, pas d’enfants, de distractions, d’interruptions. Comment on gère cela ? Déjà dès qu’une interruption va venir, on est très clair et on propose une alternative/solution, gérer l’attente : je suis concentrée, je suis disponible dans X minutes OU va demander à X. La plupart du temps ça marche car je suis très centrée sur la concentration et ça se sent. Si ça ne marche pas, j’arrête et me déconnecte complètement pour être totalement disponible et résoudre l’interruption le plus vite possible. Et ça marche. Le sentiment après 2 mois est que j’arrive à une grande productivité similaire à avant et un plus grand focus car je sais que je suis limitée en temps. Fini les journées de 10-12 heures, j’ai besoin d’avoir d’être d’attaque le matin ! Car un enfant, ça demande de l’énergie !!!

Ce qui nous sauve, c’est la structure

Pas de changement ou exceptionnels. On ne faillit pas à notre routine, on suit cela jour après jour. ça repose. On sait à quoi s’en tenir. Et on communique à l’autre à l’avance si l’on a besoin de l’autre à un certain moment donné. S’il y a un changement de dernière minute ou si on change l’organisation, on perd nos repères, ça crée du chaos pour toute la famille. Donc on est réglés et ça aide à être disponible, centré. On sait que notre moment de travailler viendra, pas d’urgence d’être “en ligne” pendant le temps enfant. C’est précieux.

Se ressourcer

Et moi alors ?

Mon enfant, puis ma maison (faut bien manger et ranger), mon mari (il est toujours là !), mon travail. Et comptez bien, les 15 heures sont finies !!!! J’ai trouvé quelques petits trucs qui m’aide à me ressourcer. Si je cuisine ou range la maison, j’essaie d’envoyer tout le monde dehors faire du VTT, ou une promenade, et être seule même 30min par jour me fait énormément de bien. Le week-end je pousse le bouchon plus loin héhé pour quelques heures. Et je m’occupe des courses (où je suis seule). C’est de l’or 😉 

Les soirées sans enfant ! 

Ben comment tu fais ? c’est impossible ? Eh bien on fait des soirées où l’un des parents s’occupe de tout pour l’enfant, pas de tâches enfant à fair pour l’autre, juste ranger la cuisine et passer à son temps à lui. Et ça fait un bien fou !!! Juste ce petit détail, c’est du luxe !!! Même l’histoire et le câlin est délégué le temps d’un soir et l’adulte en charge communique bien cela à l’enfant qui respecte cela.

Moi, ma maison et mes copines

Je n’envoie plus trop de sms (réservés à la journée), j’appelle. Grosse différence avec avant. Et quand j’appelle, je range ou je lave la maison. Aucun appel sans une tâche. Productivité maximale. Contentement. Satisfaction.

Éviter les écrans

J’ai quand même découvert que plus je délaissais mon téléphone portable et être connectée au monde, plus j’avais du temps pour lire, pour faire mes cours ou faire des activités ensemble avec mon chéri. En fait je laisse (j’oublie oh !) mon portable au bureau. Et j’ai l’impression de vraiment finir ma journée, de m’évader et d’être vraiment disponible. D’avoir tout le temps du monde.

Alors ou ça arrive quand même qu’il y ait des jours où notre organisation bug et des jours où on est crevés.

Des jours où notre petite fille apparaît puis disparaît dans mes appels vidéo de travail en égayant la galerie au boulot. Surtout quand cette petite fille vient pour enfiler un mini bikini d’enfant. Moins quand elle vient pleurer. Mais on ne peut jamais résister à un “Tu viens jouer avec moi ?”

Vous êtes sûrement nombreux ou nombreuses à reconnaître cette situation. Il y a un an, on en aurait ri. Aujourd’hui, c’est la nouvelle norme. Rappelons quand même que nous n’aurions pu accepter cette situation, presque loufoque à y penser. Mais finalement peut-être aussi un cadeau. Mes réflexions dans le prochain article sur les leçons de confinement.

Noémie 🙂

Special thanks! Photo by Charles Deluvio on Unsplash



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